Quart-de-queue portant le numéro 1743, fabriqué vers 1922.
Les Gabriel Gaveau étaient davantage esthétiques que musicaux : leur mécanique est pour le moins capricieuse à régler. Une fois fonctionnelle, elle est très légère et précise. Les matériaux d’origine sont peu résistants dans le temps et de qualité plutôt médiocre, ce qui explique la difficulté de réglage. Il nous faut reconnaître qu’il n’est également jamais facile de passer après un bricoleur.
Piano à queue mal “refait” par le passé : mauvaises cordes et mauvais montage, feutres fantaisistes. La mécanique a mal vieilli et nécessite des remplacements. Mais ces pianos restent, esthétiquement, très joli. A voir avec de nouvelles cordes ce que le son nous donnera !
Il s’agit d’un exemple-type de ce qu’il ne faut pas faire en restauration : cordes, feutres, peinture du cadre, clavier, bricolage mécanique, et même vernis qui a été refait (irréversiblement) au pinceau…
Restauration durant l’été 2021.
Vue d'ensemble meuble démonté
De tels ergots dépassant des chevilles sont le signe d'un recordage peu regardant. De plus, les diamètres employés, pour un si petit piano, sont disproportionnés (1,17 mm pour les premières cordes blanches !)
Gabriel Gaveau utilisait le code couleur de Gaveau, à savoir le feutre noir. Ce feutre rouge, et ces mouches en surplus ne sont donc pas d'origine. On remarquera que la quantité de feutre employée est, là aussi, disproportionnée. On se demande comment les cordes pourraient être en charge sur le chevalet.
Du travail à faire sur ce clavier, dont les touches blanches ont malheureusement été remplacées par du plastique.
Le numéro de série, indiquant approximativement 1922.
Les chevalets ont été surgraphités sans le moindre soucis esthétique (bavures, etc...)
Le sommier de chevilles retiré
Détail du sommier
Le numéro de fabrication (qui n'est pas le même que celui sous le piano), et le numéro probable de modèle, 1bis, qui ne correspond pas au modèle affiché sur la plaque de série (1). Une variante ?
Trace des cordes sous les pointes d'accroche. Y avait-il des mouches de feutre ou non à l'origine ? La question demeure, étant donné qu'il ne subsiste que peu de Gabriel Gaveau de ce type avec leurs feutres noirs, ou alors ceux-ci ont été restaurés. La dorure entamée suggère, peut-être, qu'il n'y en avait pas.
Raclage du mauvais vernis graphité
On remarque la forme caractéristique de la table qui n'est pas parfaitement horizontale.