Un autre classique de chez Erard, sorti des ateliers en 1896. La finition est ici vernie. Instrument portant le n°74 179.
Contrairement aux séries fabriquées dès la décennie suivante, ce modèle 0 était monté avec des cordes filées en cuivre étamé (couleur argentée) donnant aux basses une profondeur et une clarté remarquable. Les touches, plus courtes que celles auxquelles nous sommes habitués, favorisent les jeux légers et les touchers plus souples.
Instrument entièrement conservé avec ses pièces d’origine. Un mauvais remplacement de corde passé a été corrigé (mauvais diamètre et mauvaise bouclette). L’instrument et sa mécanique ont été entièrement nettoyés et remis en état de fonctionnement optimal.
Restauration effectuée en juillet-août 2020.
Les cordes filées s'oxydent, s'encrassent. Les nettoyer permet de leur redonner un aspect vivant, mais aussi de prolonger leur durée de vie face au risque de rouille et donc de casse. En revanche, il est pratiquement impossible de restaurer la sonorité d'une corde ancienne : l'espace entre chaque spire est bien trop fin pour être correctement nettoyé. D'autre part, le filage se tasse avec le temps, chose sur laquelle il est impossible de revenir.
Nettoyage de la table d'harmonie
Restauration du vernis gomme-laque
Après finition (brillantage et lustrage).
Les cordes propres, polies et remontées
Polissage, ponçage au grain fin.
Polissage, dégrossisage au disque. La finition est plus efficace avec une petite machine portative.
Le polissage terminé.
Attention, chasse en cours.
Les étouffoirs (1/3)
Les étouffoirs (2/3)
Les étouffoirs (3/3)
Discrète curiosité : les manches de marteaux ne sont pas tous identiques. Au passage vers les aigus, on troque l'angle droit au profit d'un arrondi. La question demeure.
Quand on attaque la rénovation du meuble, c'est que la restauration touche à sa fin. L'appréciation finale de l'instrument remonté n'en sera que plus plaisante.
Vernis & tampon : un passage obligé pour un couvercle plus abimé que le reste.
Premier passage après éclaircissage
L'instrument redevient une pièce esthétique, et non plus un objet purement mécanique.
Derniers remontages : reste le couvercle... et le transport.